Comprendre les TMS et l'importance de la prévention active
Les TMS regroupent toutes ces douleurs qui s'installent progressivement au niveau du dos, des épaules, des poignets et de la nuque dans le cadre d’une activité professionnelle. Le coupable principal reste la position assise prolongée et les mouvements répétitifs. Les conséquences se font rapidement sentir : arrêts de travail, baisse de productivité, etc.
La prévention active change la donne ! Alterner les postures et intégrer du mouvement tout au long de la journée réduit significativement les risques de développer des TMS.
Les solutions de prévention active au bureau
- Le vélo-bureau : pédalez en réunion ! Imaginez vos collaborateurs en train de pédaler tranquillement tout en répondant à leurs emails ou en participant à une visioconférence. C'est exactement le principe du vélo-bureau : un mini-vélo d'appartement qui se glisse discrètement sous le bureau. Les jambes restent légères toute la journée grâce à la stimulation de la circulation sanguine. Le dos profite également de cette mobilité du bassin qui soulage les tensions lombaires. Commencez par en installer un dans un espace partagé pour tester l'adhésion avant de généraliser.
- Le bureau assis-debout : la star de l'ergonomie. Ce bureau ajustable en hauteur permet de travailler tantôt assis, tantôt debout. L'idéal consiste à alterner les positions toutes les 30 à 45 minutes. Pour une adoption réussie, commencez progressivement. La première semaine, passez seulement 20% du temps debout. Les semaines suivantes, augmentez progressivement jusqu'à atteindre 30 puis 40% du temps en position verticale.
- Le tapis de marche : avancez en travaillant. Plus dynamique que le vélo, ce tapis ultra-plat se glisse sous un bureau assis-debout. Réglez la vitesse entre 2 et 4 km/h pour maintenir votre concentration intacte. Ce dispositif s'avère particulièrement adapté aux réunions téléphoniques, à la lecture de documents ou aux tâches répétitives. Vos collaborateurs accumulent ainsi entre une et deux heures de marche quotidienne sans quitter leur poste.
- Les petits équipements malins. Les ballons et sièges dynamiques offrent une solution complémentaire intéressante. Ces assises instables sollicitent en permanence les muscles stabilisateurs du tronc et améliorent la posture. Utilisez-les par sessions de 20 à 30 minutes, pas davantage. Ils complètent le siège ergonomique classique sans le remplacer. Les prix varient de 30 à 200€ selon les modèles.
- Enfin, n'oubliez pas les micro-pauses actives. Toutes les heures, encouragez cinq minutes d'étirements simples de la nuque, des épaules, du dos et des poignets. Cette solution ne coûte rien et s'avère redoutablement efficace contre les tensions musculaires.
Les autres solutions lorsque l’on travaille de manière physique (manutention, aide à domicile, etc. )
- Réduire les tâches répétitives et les cadences trop élevées. Alterner les postures : prévoir des pauses actives ou des rotations de postes pour limiter la sollicitation des mêmes groupes musculaires.
- Former les salariés à la gestuelle de sécurité : Plier les genoux, garder le dos droit, rapprocher la charge de soi, éviter les torsions brusques du tronc, ajuster la hauteur du plan de travail (ex. : pour la préparation des repas, le changement de lit) et favoriser les équipements réglables et adaptables à la morphologie des travailleurs.
- Utiliser des aides à la manutention selon les situations : Transpalettes, diables, chariots, tables élévatrices, sangles de portage. Dans le médico-social : lève-personne, draps de glisse, planches de transfert, lits à hauteur réglable. Vérifier et entretenir le matériel régulièrement. Aménager l’espace : limiter les efforts liés aux déplacements inutiles ou aux espaces confinés.
Intégrez le mouvement partout
Transformez votre culture d'entreprise en normalisant l'activité physique. Valorisez l'utilisation des escaliers si vous en avez, en y affichant des messages motivants et en installant un compteur d'étages gravis. Aménagez des espaces détente équipés de matériel fitness léger. Installez des rappels visuels incitant aux pauses actives dans les open spaces et les couloirs.
Évaluez précisément les risques TMS dans vos locaux, consultez vos collaborateurs sur leurs besoins réels et identifiez les postes prioritaires à équiper. Faites-leur tester plusieurs types d'équipements et récoltez systématiquement leurs retours d'expérience. Pérennisez la démarche en l'intégrant dans votre politique RH, en renouvelant le matériel usagé et en valorisant cette initiative dans votre communication de marque employeur.
Votre Expert-comptable pour limiter les enjeux et risques des TMS
Il vous rappelle votre obligation de prévenir les risques de TMS et vous indique différentes actions possibles :
- déterminer les postes à risques TMS, en consultant votre DUEC (Document Unique Évaluation Risques Professionnels), votre CSE (Comité Social Économique), la Médecine du Travail et vos salariés en entretiens individuels.
- évaluer les postes critiques selon les réglementations spécifiques liées à la manutention de charges, à l’utilisation d’écrans de visualisation, aux travaux exposant aux vibrations mécaniques.
- aménager le rythme et la durée de travail des postes répertoriés «à risques» et «critiques», pour limiter l’exposition des salariés, grâce à des pauses suffisantes et des plages horaires de récupération.
- protéger la santé de vos salariés et votre productivité, en mettant en place une rotation d’équipes pour limiter les arrêts maladie, l’absentéisme et le turnover des salariés exposés.
- investir dans des matériels et technologies mieux adaptés pour éviter l’apparition ou l’aggravation des risques des TMS.
- veiller aux visites médicales annuelles obligatoires pour tous les salariés, y compris les dirigeants.
- informer et former tous les salariés concernés aux bonnes pratiques et gestes de précaution liés à leur travail et aux efforts induits.
Par ces actions, qu’il peut vous aider à mettre en place et chiffrer leurs impacts, vous assurez le bon déroulement de votre activité, sans altération de productivité, ni coûts cachés de désorganisation, ou dommages et intérêts dûs suite à une pénibilité au travail prouvée.
Et parce que la prévention ne s’arrête pas au mouvement, le mois prochain nous explorerons un autre pilier essentiel de la santé au travail : la nutrition, et comment l’alimentation peut elle aussi devenir un véritable levier d’énergie, de concentration et de performance durable au bureau.